La parole du conseiller en accessibilité

Une oreille attentive fait des merveilles 

Moins vous le voyez, mieux c’est. C’est comme lors d’un match de football où l’on en oublie parfois qu’un arbitre se trouve sur le terrain. La comparaison est saisissante, déclare Tom Buntinx. "Cela veut dire que je fais bien mon travail et que je suis capable de gérer les nuisances.” Faites la connaissance de notre conseiller en accessibilité. 

Pouvez-vous vous reposer sur vos lauriers en toute insouciance, Tom? 

Malgré tous les efforts que le maître d’ouvrage et les entrepreneurs fournissent au quotidien, je dois en quelque sorte intervenir partout. Des travaux sur le ring sans nuisance? Malheureusement, cela est impossible. Le bruit, la difficulté d’accéder aux maisons ou commerces, la pression de trafic supplémentaire... sont souvent inévitables. Il faut mordre la poussière, au sens propre comme au sens figuré, pour voir des résultats. Mais nous faisons tous de notre mieux pour réduire les désagréments et garantir une qualité de vie pendant les travaux routiers. 

Et comment y contribuez-vous? 

Tout d’abord, par une bonne communication sur le chantier. Les gens ont besoin de points de repère et veulent être correctement, rapidement et pleinement informés. Quand les travaux commencent-ils? Et combien de temps durent-ils? Avec quelles nuisances? Je pense qu’il est important d’offrir une perspective aux résidents ou aux commerçants. Et je veux être honnête à ce sujet. Si nous nous attendons à des nuisances, il ne sert pas à grand-chose de les dissimuler. 

“Se soucier de la situation de chacun et concevoir des solutions de manière constructive”
Tom Buntix

Par quels canaux assurez-vous l’information? 

Je communique essentiellement par le biais d’une lettre aux résidents dans leur boîte. Je peux de cette manière répondre à des questions très locales et atteindre immédiatement le bon groupe-cible. En cette ère du numérique, une lettre reste néanmoins très efficace. L’équipe de communication traduit également les informations contenues dans la lettre vers d’autres canaux, tels que le site web ou un bulletin d’information numérique. Je suis également toujours joignable par téléphone et je rends régulièrement visite aux personnes à la maison ou au magasin. 

Selon vous, qu’est-ce qui caractérise un bon conseiller en accessibilité?

Outre des compétences en matière de communication, il doit aussi se montrer tout simplement pragmatique. Je regarde les travaux d’un autre œil et je mets les gens au défi lors des réunions de chantier. Est-il logique de diriger les cyclistes par cette déviation? Le couloir piétonnier est-il suffisamment sûr? Et la signalisation est-elle au point? Ce qui fonctionne sur papier ne fonctionne donc pas toujours dans la pratique. Chaque chantier est différent et nécessite à chaque fois une interprétation et une concrétisation pratique différentes. 

À quoi ressemble votre journée de travail?

J’attache une grande importance à une approche personnelle. Je ne pense pas que le travail d’un conseiller en accessibilité se fasse assis derrière un bureau. Vous vous mêlez à la population, ainsi qu’à l’entrepreneur et aux personnes se trouvant dans la zone du chantier. J’assiste aux réunions de chantier pour me tenir au courant, puis je me rends chez un commerçant local pour discuter. On y aborde souvent les travaux et l’accessibilité du magasin, mais aussi la météo ou le football. Parfois, une oreille attentive fait des merveilles, ne le sous-estimez pas. 

Sur quels chantiers travaillez-vous aujourd’hui? 

Pour l’instant, je travaille sur cinq chantiers environ. Je participe notamment au réaménagement de l’avenue Sainte-Anne à Vilvorde et Grimbergen. Nous y aménageons des bandes réservées aux bus pour l’arrivée du Ringtrambus. Les autres chantiers se concentrent principalement sur le développement de véloroutes à Vilvorde, Diegem et Woluwé-Saint-Étienne.

En quoi consistent vos tâches dans ce cadre? 

Je réfléchis surtout à des solutions axées sur la mobilité, c’est le fil conducteur. Je me penche, par exemple, sur un désenclavement local approprié pour les résidents ou je recherche des alternatives de stationnement. J’accorde également une grande attention à l’accessibilité des commerces et des pôles d’attraction tels que les terrains de sport. J’élabore ensuite une signalisation alternative ou je suggère l’aménagement d’un passage sûr pour les cyclistes et les piétons.  

Les gens ont souvent aussi de nombreuses questions pratiques. Pour quels motifs peuvent-ils faire appel à vous?  

Pour diverses choses. Par exemple, si vous avez prévu un déménagement ou, si vous êtes commerçant, que vous attendez une livraison importante, et que cela ne peut se faire en conséquence des travaux, je cherche alors des solutions avec l’entrepreneur. Il est vrai que la plupart des gens sont préoccupés par les choses du quotidien, comme le ramassage des ordures ou l’accessibilité de l'allée et de la maison. C’est mon travail de rassurer ces gens. 

Pourriez-vous, en guise de conclusion, donner un exemple concret que vous avez récemment vécu récemment sur le chantier? 

Les voitures électriques sont en plein essor. C’est un phénomène nouveau dont nous devrons tenir de plus en plus compte. On ne laisse pas une voiture de ce type en dehors de la zone de chantier pendant plusieurs semaines car on ne peut pas la charger à cet endroit. Nous allons dès lors prévoir un point de recharge au niveau de la baraque de chantier de l’avenue Sainte-Anne. De cette manière, nous assurons la mobilité de chacun. C’est ce qui caractérise De Werkvennootschap : se soucier de la situation de chacun et concevoir des solutions de manière constructive.